Constat d’échec du Président de la métropole… comment s’en extraire ?

« Cette métropole que nous n’aimons pas, qui nous a été imposée par le Gouvernement, nous faisons avec… ».

Ainsi s’exprimait Jean-Claude Gaudin lors de l’ouverture du Festival de la Roque d’Anthéron. Il n’aura pas fallu six mois au maire de Marseille, président de la Métropole pour dresser le constat d’échec de cette mégastructure technocratique gérée par une administration et des groupes d’intérêts qui écartent des décisions et des priorités, le Politique, pourtant mandaté par le suffrage et la volonté populaires.

Dans notre république française, la réalité des pouvoirs ne dépend pas de l’administration. Celle-ci est là pour éclairer, accompagner et protéger les élus afin qu’ils puissent faire les bons choix en connaissance de cause. L’administration n’a de légitimité que parce qu’elle applique les orientations et les choix du Politique, inspiré par l’intérêt général et la volonté de ses mandants. Or, chacun sait bien, – la Commission de Bruxelles le démontre constamment – , que plus la structure de gouvernance est complexe et éloignée des réalités de la proximité, plus l’administration occupe le vide, les failles et peu à peu s’arroge des pouvoirs qu’elle ne devrait pas détenir. C’est ce que constate, apparemment, et déplore aujourd’hui Jean-Claude Gaudin et c’est ce que nous n’avons cessé de dénoncer avec tous les maires du Pays d’Aix, avant même que la monstropole ne nous soit imposée.

Dans ces mêmes pages, il y a plus d’un an, je rappelais que résister, c’est opposer la force à la force. C’est tenir ferme contre quelque chose de fort, de puissant, même s’il s’agit de l’État.
Aujourd’hui le rôle d’un élu est plus que jamais de savoir résister pour protéger, défendre les intérêts de son territoire et de sa population.

Alors je demande à Jean-Claude Gaudin de refuser la fatalité. Unissons nous pour sortir au plus vite de l’impasse et proposer de nouvelles perspectives efficaces et répondant aux vrais besoins de nos concitoyens. Préparons-nous à négocier avec le futur gouvernement pour qu’en 2017, cette métropole gigantesque et ingouvernable soit scindée en deux. Et dans un premier temps, qu’il montre sa bonne volonté en ne mettant pas en place le transfert des compétences à venir. Ainsi nous resterons maitre de notre voirie, de notre eau, la moins chère de France.

Les bases alternatives de la reconstruction ont été posées : la métropole Aix-Pays d’Aix a, d’ores et déjà, été créée et votée par les la plupart des communes du territoire. Métropole de la Provence intérieure, elle pourrait, autour du Pays d’Aix, fédérer d’autres communes tournées vers les terres, partageant la même logique de territoire, les mêmes priorités économiques, agricoles, touristiques, culturelles, d’innovation et de développement. Une telle métropole du Pays d’Aix s’appuierait sur plus d’une décennie de réussites passées et offrirait une dynamique nouvelle à un bassin de population fort de près de 450 000 habitants, c’est à dire similaire ou supérieur à ceux des métropoles créées par l’Etat autour de Brest, Rouen, Grenoble, Strasbourg, Montpellier, Rennes ou Nancy !

Dans le même temps, autour de l’ancienne communauté urbaine de Marseille, serait créée une grande métropole du Littoral, gérable parce qu’à « taille humaine » comme celles de Lyon, Lille ou Toulouse et rassemblant les territoires partageant avec Marseille les mêmes logiques territoriales, portuaires et industrielles, de La Ciotat à Fos.

Ce qu’une loi a fait, une loi peut le défaire. Ne fonçons pas dans le mur. Rejetons les pressions centralisatrices de l’Etat, celles de l’administration fiscale de Bercy, de son Préfet qui veut imposer aux villages sa brutale politique de logements sociaux et de préemptions, de son Préfet de Police qui veut gérer à la place du Maire d’Aix l’organisation du centre-ville et ne nous permet pas de disposer des moyens suffisants pour assurer la sécurité de notre ville. Nous voulons préserver nos libertés communales, parce que nous savons mieux que les hauts fonctionnaires parisiens ce qui est bon pour notre territoire et ses habitants. C’est pourquoi la monstropole Aix-Marseille doit être repensée et scindée en deux.
Revenons à un véritable esprit révolutionnaire…remettons en cause ce qui ne fonctionne pas !

Aix n’est décidément pas une banlieue de Marseille. Forts de deux pôles métropolitains cohérents et dynamiques, nous pourrons à nouveau collaborer sans arrières-pensées et travailler avec Marseille et le Littoral dans le respect des identités de chacun et pour le plus grand bénéfice de nos concitoyens.

MJM
À propos de 
Avocate de formation, Maryse Joissains Masini est une femme politique française, maire d'Aix-en-Provence depuis 2001, elle est également Président du Conseil de Territoire du Pays d'Aix, Vice-Président de la Métropole Aix-Marseille-Provence et ancienne député.

1 commentaire

  1. Lelong

    17 octobre 2016 - 7 h 27 min
    Reply

    Bravo !

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