Discours des vœux protocolaires du 29 janvier 2016

Discours des vœux protocolaires de Madame Maryse JOISSAINS MASINI
Maire d’Aix-en-Provence
Président de la Communauté du Pays d’Aix

Vendredi 29 janvier 2016


Monsieur le Préfet,
Mesdames, Messieurs les Elus Locaux Régionaux,
Mesdames , Messieurs les maires, Députés, Sénateurs,
A vous tous, Citoyens de la Société Civile, Militaires et Religieuses,

C’est au nom de l’intérêt général que le Gouvernement a créé la Métropole Aix Marseille Provence avec la Ville de Marseille en qualité de commune centre et une représentativité qui lui assure demain de diriger sans partage les 2/3 du Département.

L’État a donc jeté l’éponge et imaginé une méga-métropole, bricolée, avec sa fameuse « boîte à outils », pour tenter de dissimuler le marasme et les échecs, la situation financière inextricable et la douleur sociale qui caractérisent la ville de Marseille.

C’est que, pas très loin, il y a là plus de 90 communes bien gérées et qui ont laborieusement économisé au fil des années pour assurer l’avenir de leur population et relever les défis qui s’annoncent.

Le pactole est à portée de mains, le hold-up territorial se met en place.

C’est bien cette fuite en avant du pouvoir central que l’on nous demande d’assumer aujourd’hui et qui conduit à la paralysie de 6 EPCI, aux menaces sur les activités économiques et d’aménagement d’un département tout entier, ainsi qu’à l’incertitude pour près de 8000 fonctionnaires territoriaux :

l’Etat n’a plus les moyens de continuer à payer pour Marseille et il veut que nous prenions le relais !

Marseille a déjà transféré ses dettes à MPM et aujourd’hui cette structure cumule près de 3 milliards de dettes.

Le Conseil de Développement du Pays d’Aix, regroupant les milieux économiques et sociaux du territoire, soulignait dans son récent Rapport que la durée de désendettement de MPM serait aujourd’hui de 19 années, contre 4 pour la métropole de Lyon et moins de 2 pour celle de Bordeaux !

La conséquence de ce niveau d’endettement… abyssal si on y ajoute celui de la ville de Marseille elle-même, est qu’il est évidemment quasi impossible à notre grande voisine d’investir. Ce qui ne l’empêche pas, encouragée par les egos et les plans de carrière de quelques notables, y compris ceux de la Chambre de Commerce, de continuer à rêver de tous les grands projets dispendieux possibles et de les faire programmer à grands renforts de publicités souvent mensongères, car Marseille n’a plus de marge…. Nous serons les payeurs !

A l’inverse, les 36 communes du Pays d’Aix ont développé leurs capacités d’investissements, leurs aménagements et leurs équipements, tout au long de la dernière décennie, et cela sans gaspillages et sans augmentation fiscale !

En l’état actuel, la métropole marseillaise nous conduirait chaque année à payer davantage, à chaque compétence ajoutée, à chaque étape engagée, à chaque gaspillage accumulé avec à la clef des dérives fiscales.

Vous pensez que j’exagère ? Jugez plutôt !

Le 16 décembre dernier, en catastrophe comme il y a dix ans, le Conseil municipal de Marseille s’est débarrassé d’un certain nombre de poids financiers en direction de la Monstropole, via MPM : parmi les cadeaux de dernière minute, il y a la gestion des eaux pluviales de Marseille, l’intégralité de la Politique de la Ville ou encore le ferry-boat reliant le Bar de la Marine à l’Hôtel de ville, et dont l’intérêt général pour le territoire ne vous aura pas échappé !!!

Pourquoi en catastrophe alors que ces transferts auraient dû être réalisés depuis bien longtemps… Peut-être parce que le Maire de Marseille voulait régner sans partage le plus longtemps possible sur ces compétences.

Pourquoi ? me direz-vous ? …

Le 16 décembre aussi, la municipalité Gaudin nous a légué ses « Opérations d’aménagement majeures » et toutes ses ZAC, désormais gérées par MPM, dans l’attente du transfert vers la Métropole et l’argent des autres… au détriment des investissements pour le pays d’Aix.

« L’intérêt général » tel que l’évoque la loi NOTRe –sans jamais le définir- consiste à faire assumer par les communes du Pays d’Aix et des 2/3 du Département le passif abyssal de la gestion marseillaise et de MPM, leurs hausses constantes d’impôts et de la dette, leurs contre-performances à tous les niveaux, y compris dans leurs structures associées.

  • Les 4 milliards de déficits cumulés, plus, peut-être des dettes supplémentaires à découvrir (Ville de Marseille, MPM)

  • Des équipements publics qui ne sont pas aux normes

  • Des choix invraisemblables et ruineux

  • Des emprunts dont certains seraient toxiques (stade vélodrome)

  • la Société des Eaux de Marseille et le scandale de sa dette

  • la RTM et le scandale de ses coûts de transports, et de ses déficits

  • la Politique de la Ville et le scandale de son clientélisme, de ses dépenses annuelles inutiles… Pour l’achat, très relatif, de la paix sociale de ces quartiers où les trafics en tous genres prospèrent et les voyous continuent de terroriser les honnêtes gens… et risquent, à l’avenir, de se nourrir de tout le territoire.

Alors, face au racket programmé des bons élèves de la classe par ceux qui collectionnent les mauvais résultats… doit-on se taire ou se lever pour crier la vérité ?

Non ! il est de notre devoir aujourd’hui de dire « ca suffit ! ».

Aix fut autrefois Capitale de la Provence.

Aujourd’hui, Aix, 4eme Ville de la Région, est sans doute sa capitale culturelle.

Ce Grand Théâtre, qui nous accueille ce soir, symbole d’excellence,

rayonne au-delà de notre territoire … il nous a semblé impossible de le laisser filer dans les incertitudes de gestion de la métropole marseillaise. Nous en avons donc prudemment récupéré la pleine propriété. Il en est de même pour le CCN, le Musée Granet et d’autres…

Ce lieu est donc aussi un symbole. Celui de la place singulière d’Aix-en-Provence rayonnant sur un Pays d’Aix fort de ses 400000 habitants, seuil qui nous permet aujourd’hui de revendiquer la création d’une Métropole Aix-Pays-d’Aix qui sera malgré tout plus importante qu’une grande partie des métropoles déjà créées dans le Pays.

Je crois également que ce lieu pourrait être le symbole à travers son projet culturel d’une forme de coopération intelligente entre Aix et Marseille une métropole de projets.

Pas besoin pour cela de faire appel à des technocrates de haut vol, pas besoin que Paris nous le commande et veuille nous l’imposer…

Je veux le réaffirmer à ceux qui sans cesse, caricaturent, méprisent ou restent sourds aux arguments du bon sens.

Nous ne sommes pas rivaux de Marseille, ou concurrents, nous sommes tout simplement différents et nous voulons faire et voir respecter notre différence.

J’ai eu l’occasion récente de le redire à Madame le Ministre.

Il ne faut pas jouer avec le feu. Il ne faut pas continuer à humilier les élus de terrain, les seuls encore en prise avec les réalités des territoires, il ne faut pas refuser d’écouter et de comprendre le ras-le-bol qui monte et la colère qui risque d’éclater plus fortement encore…

Il faut reprendre la copie.

Jouer cartes sur table, dans le respect de chacun.

Ce que les élus locaux du Pays d’Aix et de Provence refusent, aujourd’hui comme hier, c’est la soumission programmée d’une ville à l’autre au seul motif de son poids démographique.

Ce que nous continuerons à refuser, c’est le sauvetage de Marseille par l’appauvrissement d’Aix et des communes du Pays d’Aix.

Nous voulons rester libres de faire les choix que nous jugeons les meilleurs pour continuer à assumer demain le développement et la qualité de vie de nos communes, et ne pas voir diluées nos responsabilités.

Ce que veulent les villes et villages de Provence, c’est garder la tête haute et avancer vers un partage de compétences, de vrais projets d’intérêt général, une gouvernance partagée

Je le sais… on va dire dans les salons de la Préfecture et de la Chambre de Commerce, au MEDEF et à l’Hôtel de Ville de Marseille, que décidément je ne suis pas compréhensive, pas raisonnable, et que je suis têtue, voire pire… peut-être….que je veux continuer à diriger un territoire Gaulois… sauf que c’est en l’occurrence celui qui réussit.

Je me vois plutôt en résistant, plus que jamais déterminée à ne pas courber l’échine.

L’heure est trop grave pour se taire et pour être respectueuse de ceux qui ne respectent pas les citoyens et qui mènent -sous des prétextes d’efficacité- le Pays à la ruine.

Ma résistance, ma révolte, sont constitutionnelles car elles s’inscrivent dans le respect de la Loi Suprême.

D’un père militant et résistant, j’ai hérité sans doute cette forme d’inconscience et de force intérieure qui permet de refuser la fatalité de la loi du plus fort et de ne pas craindre les conséquences de la désobéissance.

Toute ma vie, j’ai refusé de céder aux pressions d’où qu’elles viennent… partis politiques, Préfet, Ministres, Lobby, hommes d’affaires avec ou sans scrupules….

Vous le savez, vous ici qui me connaissez bien depuis toutes ces années à batailler ensemble :

je ne crains personne quand il s’agit de faire prévaloir ce que je sais être juste et bon et ce ne sont pas de pseudos intellectuels ou des économistes purement théoriques car ils n’ont jamais rien géré qui peuvent nous donner des leçons de gestion et de ce qui est bon pour nos populations.

Comme je l’ai vécu autrefois dans les affaires du sang contaminé et de l’amiante, comme je l’ai fait avec vous, élus du Pays d’Aix quand on nous a demandé avec insistance de laisser éventrer nos campagnes, nos paysages, nos vignobles pour laisser passer une ligne de train à grande vitesse, ou quand l’Europe a voulu faire du rosé en mélangeant du rouge et du blanc…

Je me suis battue et j’ai gagné le combat du cœur et de la raison.

Il est de nouveau temps de résister, pour vous, pour nous, pour les générations futures. Avec l’intelligence du terrain, la force de la proximité, la solidarité du proche et du prochain, la solidité de l’enracinement, la créativité et la réactivité du bon sens.

Par son rôle sociétal, sa fonction éminente confiée par le suffrage universel, l’élu a, plus qu’aucun autre, la responsabilité politique, et au-delà l’obligation morale, de résister pour faire entendre la voix de l’Histoire de notre Pays.

Car, si nous ne sommes pas capables de nous lever maintenant pour la défense de ce que nous sommes, comment pourrions-nous mener demain d’autres combats face à la barbarie qui gagne à nos portes et qui veut saper notre Civilisation …

Chers amis, la résistance à l’oppression, c’est l’honneur de l’homme et de l’humanité.

Gardons en mémoire les magnifiques étudiants de la place Tian An Men marchant face aux chars de l’arbitraire et de l’arrogance

au péril de leur vie !

Comment ne pas voir aujourd’hui que la défense de nos valeurs, de ce que notre histoire nous a offert de plus beau est en danger…

Alors, les médailles, les promesses, les avantages de toutes natures ; tout cela vaut-il que nous courbions l’échine comme des esclaves ….

Allons, Elus de tous bords…. pour l’Honneur !

Il n’y a pas de petit combat. Lâcher un peu, c’est risquer de, progressivement, perdre notre âme dans cet engrenage fatal !

Que représenterons-nous encore ? qu’apporterons-nous aux Provençaux si demain nous ne sommes plus que des banlieues de Marseille, marginalisés, ponctionnés, sans autre horizon que de contribuer toujours plus au renflouement de la dette marseillaise ?

La Métropole, ce tonneau des Danaïdes mortifère !

Bien sûr, les « grands esprits » nous parlent de la marche du Progrès, « le sens de l’Histoire », l’inéluctable adaptation à la Modernité qui exigerait, en réponse à la Globalisation, de tout niveler, de tout agglomérer, de faire disparaître toutes nos spécificités pour constituer des ensembles rassurants pour la technocratie , des figures géométriques et comptables, des pions qu’on assemble en fonction d’objectifs inhumains liés non pas à l’économie ou à la grandeur de l’entreprise mais à cette finance anonyme qui demain pourrait mener le monde,

avec des macro-régions sans unité,

des villes-mondes interchangeables et sans âme,

la fin du modèle français conquis par nos parents,

la remise en cause des frontières et l’avènement des accords de libre-échange du TAFTA,

des marchés de producteurs et de consommateurs déshumanisés puisque déracinés.

… Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley !

Mais notre réalité quotidienne est bien différente de la logique toute financière que l’on cherche à imposer au nom de la Modernité.

Nous ne sommes pas des numéros !

Nos villages, nos clochers et nos quartiers portent une partie de nous-mêmes, de nos souvenirs, de nos engagements.

Nous ne voulons pas non plus n’être que des consommateurs, perdus dans le vaste ensemble de la ville-monde-Marseille rêvée récemment par les représentants de l’Etat.

Nous le savons, une certaine idéologie du Primat de l’économique cherche à déstructurer l’humain et son cadre de vie pour l’ajuster à la production et à la consommation. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le président de la Chambre de Commerce et quelques grands patrons marseillais semblent donner le « la » de toutes les étapes de cette Monstropole en marche, et s’ils sont les premiers à s’en prendre aux élus de terrain, à leur donner des leçons et à périodiquement inciter Préfet et Gouvernement à la surenchère.

Le Marché exige son tribut de récalcitrants.

Cette logique de la soi-disant efficacité moderne cherche à dissoudre plus avant les structures intermédiaires sociales, familiales, éducatives, villageoises, territoriales, nationales, pour ne plus gérer que des individus.

On en voit chaque jour hélas, les conséquences et les ravages dans nos sociétés occidentales. Sans repères, sans garde-fous, le consommateur… consomme, erre sans vrai but et se vide de sa substance même (un responsable d’UPE 13 cite en exemple l’Inde et Pékin).

Face à cette « évolution » de nos sociétés, nous incarnons à notre modeste place la résistance de l’Histoire, de la mémoire de nos pères et de nos terroirs, le dynamisme enraciné de nos communes, de nos start-up, de nos PME et de nos grandes entreprises. Nous sommes le chaînon manquant, celui qui empêche de boucler la boucle. Notre rôle est décisif.

Je ne me trompe pas de combat, je salue ici les marseillais et une Ville, Marseille, qui devrait devenir la capitale des villes de la Méditerranée et qui est plombée depuis des générations par de la mauvaise gestion, l’absence de prospectives et l’abandon de l’Etat.

Nous voulons contribuer à relever ce territoire mais pas au détriment du notre et nous ne voulons pas intégrer des déficits de gestion catastrophiques.

C’est le rôle de l’Etat et c’est à l’Etat que Monsieur GAUDIN doit demander de l’aide au lieu d’utiliser des armes lourdes et déloyales contre la sagesse du Bouddha.

Les dernières semaines nous ont redonné espoir. Alors que tout semblait plié, les magistrats du Tribunal Administratif et du Conseil d’Etat ont réveillé les consciences.

Nos concitoyens se félicitent de ce nouveau coup d’arrêt et nous demandent de reprendre plus que jamais le flambeau.

Ils sont à nos côtés.

Nous proposons une alternative : la métropole Aix-pays d’Aix de plus de 400 000 habitants, 130 000 Hectares, 36 communes , tournée vers l’intérieur des terres et une métropole Marseillaise entièrement tournée vers les Ports.

Les délibérations de la CPA et des deux tiers des communes n’ont pas été déférées par le Préfet et cette métropole attend le décret du Gouvernement pour se mettre en place, ce qui peut se faire demain car les structures existent déjà et ont fait la preuve de leur efficacité.

Cela serait cohérent, beaucoup plus d’ailleurs, que certaines métropoles qui n’atteignent pas 300 000 habitants et dont le territoire est 15 fois inférieur.

Le Gouvernement dans lequel il y a peu de Méridionaux, ignorerait-il notre existence ? C’est possible… ce ne sera pas sans conséquence…

Chers amis, toute résistance commence par un refus, celui qui induit l’engagement de l’homme libre.

Sans se poser de question, le résistant dit « Non » !

Dire « Non », c’est faire un geste passionné, faire ce que l’on doit, c’est aussi un acte de rupture, un acte qui dérange bien sûr, qui peut paraître déraisonnable ou irrationnel de l’avis d’idéologues bornés et désormais sans conscience.

Montaigne rappelait « il vaut mieux des têtes bien faites que des têtes bien pleines » et il anticipait en cela le jugement qui est le nôtre aujourd’hui sur un législateur qui dérape totalement.

Face à l’injustice, la rébellion est notre devoir, le courage consiste à accomplir ce que l’on doit faire et ce que l’on ressent viscéralement comme juste.

« N’écoutez pas ce qu’ils disent, regardez ce qu’ils font » résumait autrefois Henri Bergson.

Nos compatriotes nous regardent et veulent des actes.

On ne peut vouloir l’impossible qu’en le croyant possible.

Les derniers jours nous l’ont montré.

C’est pourquoi nous ne lâcherons rien. Je ne lâcherai rien !

Le pouvoir doit en prendre conscience : avoir le courage après que le couperet du Conseil Constitutionnel nous ait donné raison… ou tort… de remettre tout le monde autour de la table, le courage de redistribuer les rôles à ceux qui en sont dignes, de proposer une alternative sans opposer et sans casser nos territoires, leur histoire et leur dynamisme.

C’est ce que je n’ai cessé de proposer , depuis 2010, aux gouvernants et depuis 2012 à Jean-Claude GAUDIN.

Le Peuple nous a confié nos mandats en toute connaissance de cause. Notre opposition résolue à la Monstropole a été approuvée par le suffrage universel.

Aussi, nous exigeons le respect que l’on doit à notre terroir .

Nous voulons la proximité –qui rend le concitoyen plus heureux– ;

l’honnêteté, la rigueur, la transparence –qui respectent l’argent public et les générations futures-

la gouvernance partagée –qui est une garantie du bien vivre ensemble-.

En somme, tout le contraire de la métropole.

Et, ensemble mes amis, nous allons y arriver,

car le bon sens, les principes républicains et le Droit sont avec nous.

Aujourd’hui, déjà , nous sommes nombreux , demain, nous le seront encore plus car unis dans le respect de notre Histoire , nous sommes la garantie de la pérennité de la France.

Guillaume Dorange :

« point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer »

Vive les libertés communales !

Vive Aix , le Pays d’Aix, le Peuple de Provence libres !

Vive la France !

MJM
À propos de 
Avocate de formation, Maryse Joissains Masini est une femme politique française, maire d'Aix-en-Provence depuis 2001, elle est également Président du Conseil de Territoire du Pays d'Aix, Vice-Président de la Métropole Aix-Marseille-Provence et ancienne député.

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