Le Vigan : une honte nationale !

Beaucoup de français consomment de la viande, croyant pour la plupart que les élevages, les étiquetages, la loi européenne, le Ministère de l’Agriculture garantissent le respect de l’abattage : il n’en est rien.

Et derrière les portes d’un trop grand nombre d’abattoirs, se cachent la maltraitance, la souffrance animale et parfois le sadisme.

Il y a quelques années, une association de défense animale filmait en caméra cachée les coulisses de l’abattoir de Metz : un scandale minimisé, des sanctions ridicules, aucune poursuite.

En octobre 2015, une nouvelle vidéo choc dénonçait les maltraitances indignes opérées dans l’abattoir d’Alès, sanctionnées par une fermeture administrative provisoire et rien d’autre… !

Aucun procès, aucune condamnation…

– qu’ont fait les pouvoirs publics ?

Malgré les pétitions, les lettres par milliers de français révoltés, les pétitions, les hurlements des associations de défense animale : RIEN

– qu’ont dit les écologistes et les Ministres du même nom (!) pourtant en charge de notre alimentation : RIEN

-quelles mesures ont été prises par le ministère de l’Agriculture : AUCUNE

Une inaction politique totale, une absolution de la barbarie qui a incité les bourreaux à redoubler d’efforts… et aujourd’hui c’est l’abattoir intercommunal du Vigan qui se singularise, révélant les réalités de l’activité quotidienne de beaucoup de nos abattoirs.

– que dit la législation européenne ?

« Les animaux de boucherie doivent être abattus de façon humaine. Ils doivent être étourdis au préalable afin d’être dans un état d’inconscience et d’insensibilité aux stimulis. L’abattage doit alors pouvoir se faire sans que les animaux subissent peur, anxiété, douleur et stress. »

– qu’ont fait les abattoirs du Vigan

Il ont pratiqué la mort dans l’effroi : coups de pieds, coups de bâton, coups de pique à l’aide d’aiguillons, bêtes traînées par la queue , la tête, les pattes, animaux mal étourdis et conscients au moment de l’égorgement, bovins tremblant de terreur et désorientés.

Et tout ce fratras, cette inhumanité dans des cris, des beuglements, des hurlements pour que ça aille plus vite. Des normes d’abattage bafouées au nom de l’efficacité et du profit !

Les bourreaux du Vigan.

On ose nous dire : « cela s’est passé tragiquement car sans doute le personnel n’avait pas reçu la formation nécessaire »

Il aurait plutôt fallu nous dire que ces actes de torture terrifiants ont été commis par des abrutis sadiques, des psychopathes dangereux.

Car enfin, torturer un animal comme l’attestent les vidéos, est la preuve d’une perturbation mentale profonde. Comment qualifier autrement que par sadisme cette violence, par ces hommes qui visiblement prenaient plaisir à faire souffrir ces pauvres bêtes ?

L’histoire judiciaire nous rappelle en permanence que la cruauté envers les animaux est souvent un marqueur de violence envers les êtres humains. Et les psychiatres admettent depuis longtemps que chez l’adulte, la cruauté envers les animaux est liée aux violences perpétrées sur les enfants, les conjoints, les personnes âgées.

Il faut donc arrêter de considérer la torture envers un animal comme un crime mineur.

C’est un crime tout court contre des innocents ! C’est en fait une bombe à retardement et la société doit condamner les individus responsables de ces crimes. Les bourreaux du Vigan doivent être jugés et condamnés lourdement tout comme les dirigeants de l’abattoir qui ont laissé faire.

L’incurie de l’État

Aujourd’hui notre ministre de l’Agriculture « condamne ces pratiques intolérables et demande une enquête ».

Enfin ! Enfin une enquête, alors qu’il y a quatre mois avec le scandale d’Alès, il avait purement et simplement enterré celle qui était demandée.

Monsieur LE FOLL semble oublier que les français payent des impôts, qu’ils contribuent au financement des abattoirs publics et l’abattoir du Vigan en est un !

Affolé par l’ampleur que prend cette affaire, le ministre de l’Agriculture veut « créer une commission qui va réfléchir au bien être de l’animal ».

Mais cela fait des années que des milliers de français, des dizaines d’associations de protection animale, des élus (dont je suis) alertent le ministère sur un problème récurent : la maltraitance animale dans les abattoirs, sans parler de leur transport et du recrutement du personnel…

Alors que faire ?

* les abatteurs doivent passer une expertise psychologique et psychiatrique pour évaluer leur comportement afin qu’ils aient conscience que les animaux qu’ils vont abattre sont des êtres vivants et qu’il y a des règles élémentaires qu’ils doivent appliquer.

* les inspecteurs vétérinaires doivent être plus nombreux. Actuellement, ce sont les vétérinaires libéraux qui effectuent des vacations dans les abattoirs. Et parfois ils arrivent trop tard… Le rôle du vétérinaire est important car il est avant tout le défenseur des animaux dont il a la responsabilité professionnelle.

Le fait que la France, que notre Gouvernement acceptent que les animaux souffrent dans certains abattoirs est une honte nationale. Les français veulent consommer de la viande mais pas au prix fort, celui de la souffrance animale.

Après cette troisième et intolérable « affaire »  d’abattoirs, en moins d’un mois, les consommateurs feront peut être le choix de manger de la viande différemment en se renseignant sur la façon dont les animaux sont élevés, transportés et abattus. Et ils écouteront leur conscience. Mais ils ne doivent jamais oublier que la vie est aussi précieuse pour une créature sans voix que pour l’homme.

Chaque homme souhaite le bonheur et redoute la douleur.

Chaque homme veut vivre et mourir dans la dignité.

Il en est de même de tous les êtres vivants, TOUS.

MJM
À propos de 
Avocate de formation, Maryse Joissains Masini est une femme politique française, maire d'Aix-en-Provence depuis 2001, elle est également Président du Conseil de Territoire du Pays d'Aix, Vice-Président de la Métropole Aix-Marseille-Provence et ancienne député.

1 commentaire

  1. LE BIHAN

    11 mai 2016 - 21 h 29 min
    Reply

    Je suis entièrement d’accord avec vous. J’ajoute que la plupart de ces abattoirs pratiquent un abattage halal et que les consommateurs l’ignorent complètement.

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