Platanes des trois places : une opposition politicienne

Le projet des 3 places vise à embellir et redynamiser un quartier parmi les plus emblématiques de la ville. Le chantier, qui vient de débuter, fait l’objet de grossières tentatives de récupération politique. Explications.

AIX LE MAG : LE CHANTIER DES « TROIS PLACES » EST LANCÉ. AVEZ-VOUS LE SENTIMENT QU’IL VA SE DÉROULER SANS HEURT ?

MARYSE JOISSAINS MASINI : Nous devions procéder à la réfection des réseaux enterrés (les eaux usées, le pluvial, etc.) qui sont totalement obsolètes et sous-dimensionnés. Ces travaux sont l’occasion de poursuivre par l’embellissement du plus grand espace aixois en le rénovant. A terme les trois places ne serviront plus de parking public, mais seront dédiées aux piétons, aux terrasses, et aux marchés, qui y reviendront à l’issue des travaux, dans un peu plus de deux ans.

ALM : A LA MI-AOÛT, DES PERSONNES SE SONT OPPOSÉES À L’ABATTAGE DE PLATANES MALADES SUR LA PLACE DE VERDUN ET, LE LENDEMAIN, SUR LA PLACE DES PRÊCHEURS. QU’EN AVEZ-VOUS PENSÉ ?

MJM : Que c’était une attitude irresponsable ! La Ville a, selon la procédure habituelle, fait procéder à deux expertises pour chacun des 23 platanes de ces places. Pour des raisons liées à la dangerosité de ces arbres, la première expertise préconisait 17 abattages, la seconde 19. Face à l’émoi de quelques associations créées opportunément, j’ai fait procéder à une troisième expertise ; cette dernière a conclu à l’abattage de dix platanes dans l’immédiat, et de sept arbres à court terme, soit encore 17. L’affaire semblait entendue. Eh bien non ! Un petit groupe d’opposants, entraînant dans son sillage des personnes sans doute de bonne foi – mais désinformées – a empêché l’abattage des arbres, y compris des plus dangereux. Les opposants ont introduit un recours au tribunal administratif pour demander notamment… une quatrième expertise ! Comme j’imagine mal qu’elle puisse donner des résultats différents des trois premières, les opposants vont-ils se rendre à la raison ? Je ne pense pas. Ou alors, ils trouveront d’autres angles d’attaque.

ALM : QUE VOULEZ-VOUS DIRE ?

MJM : Il apparaît clairement que nous sommes face à une opposition purement politique. Une petite minorité espère avoir trouvé dans ce chantier, une tribune qui va lui permettre d’exister jusqu’aux prochaines élections municipales. D’ailleurs, ceux qui se sont mis en avant dans cette affaire sont quelques élus ou anciens élus, hostiles à la municipalité en place. Ils n’ont qu’un intérêt : que le chantier se passe mal pour affaiblir l’équipe en place. S’ils n’avaient pas confiance dans les expertises et qu’ils étaient préoccupés par les arbres, pourquoi n’ont-ils pas empêché l’abattage de trois platanes de la place de la Mairie, au début de l’été, ou d’autres arbres, par exemple sur l’avenue Pierre-Brossolette – à propos desquels la page Facebook de la Ville a mis en ligne une vidéo sur laquelle on voit parfaitement des arbres creux, rongés de l’intérieur. Pourquoi les opposants ne sont-ils pas intervenu ? Parce que ce type de chantier dure deux ou trois jours, et n’offre pas la même visibilité médiatique et politicienne qu’un chantier de plus de deux ans.

ALM : MAIS POURQUOI PARLEZ-VOUS D’ « ATTITUDE IRRESPONSABLE » ?

MJM : Parce que c’est bien beau de se prétendre défenseur des arbres et de refuser qu’on les abatte, mais si l’un d’eux s’effondre et cause des dégâts, cela relève de ma responsabilité pénale. Je veux concerter mais quand il en va de la sécurité des biens et des personnes je prends mes responsabilités de maire. Ces arbres sont dangereux, menacent de tomber, il faudra les abattre.

Crédit photo : Atelier Garcia-Diaz

MJM
À propos de 
Avocate de formation, Maryse Joissains Masini est une femme politique française, maire d'Aix-en-Provence depuis 2001, elle est également Président du Conseil de Territoire du Pays d'Aix, Vice-Président de la Métropole Aix-Marseille-Provence et ancienne député.

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